Aujourd’hui 12 juin, le monde entier célèbre la journée mondiale contre le travail des enfants.
A cette occasion, nous vous racontons la petite histoire de l’enfant Karim (un nom d’emprunt).
A 12 ans seulement, Karim, a déjà derrière lui un long passé de travail dans les mines. Les frais de scolarité étant trop lourds pour son père, il abandonne l’école à la classe de CE1 et quitte Séguénéga, une commune de la province du Yatenga dans la région du Nord où il est né. Ses parents sont pourtant des cultivateurs mais ce métier ne leur rapporte plus grand-chose à cause de la pauvreté.
Karim a entendu dire que l’on pouvait gagner beaucoup d’argent en travaillant dans les mines. Il décide de tenter sa chance. Il demande à sa mère de quoi s’acheter quelques vêtements mais utilise l’argent pour se rendre en bus à Ronga, un site d’orpaillage situé à 15km de Ouahigouya dans la commune de Koumbri.
Arrivé à destination, il accoste un garçon et lui demande où sont les mines. Comme il vient d’arriver et qu’il n’a pas de parents dans le village, il a beaucoup de mal à trouver tout de suite un travail mais se lie d’amitié avec d’autres enfants qui connaissent les lieux et vont pouvoir l’aider.
Il passe alors plusieurs jours à rôder autour du site jusqu’à ce qu’un des propriétaires l’engage comme « garçon de courses ». Le lendemain, on l’envoie avec un garçon de son âge au fond d’un puits où l’on extrait de l’or. Sa tâche: apporter des outils aux mineurs.
A compter de ce jour, il passera son temps à faire la navette entre la surface et le fond du puits.
Karim décrit ainsi son travail: « Je dois descendre tout au fond du puits par une corde, prendre ce qu’on me donne et remonter avec ».
A l’intérieur du puits, qui peut atteindre une profondeur de 300 mètres, règnent une obscurité totale et une chaleur étouffante. Pour descendre, il faut porter au front une torche électrique spéciale. Karim explique qu’avec l’humidité, la chaleur et la boue, la peau devient complètement noire.
« J’ai failli mourir étouffé dans le puits par manque d’oxygène » ajoute-t-il. Leur état de santé est déplorable car ils respirent en permanence la poussière de graphite et ne mangent pas à leur faim. Karim travaille souvent jusqu’à dix-huit heures par jour et doit tenir avec un seul repas composé d’un peu de pain ou de manioc bouilli.
Quelques enfants ratissent le gravier abandonné par les propriétaires des puits dans l’espoir d’y trouver quelques pierres précieuses. Lorsqu’ils ont cette chance, rarissime, ils peuvent toucher entre 13300F et 67700F CFA. C’est précisément cet espoir qui attire dans les mines les enfants comme Karim.
Mais comme tant d’autres, Karim ne s’attendait pas à des conditions de travail aussi dures et il n’a pas réussi à faire fortune comme il l’espérait.
Karim a finalement rejoint sa famille qui est maintenant déplacée dans la commune de Ouahigouya, à son arrivé, il a eu la chance de bénéficier d’une formation en couture mixte, cela a changé le rêve du petit Karim, son nouveau rêve est de devenir un grand styliste au Burkina Faso pour donner de l’emploi à d’autres enfants et jeunes qui pensent que la réussite se trouve dans les mines.
Karim est également bénéficiaire de nos activités psychosociales sur le site de Tamsé tout en continuant son apprentissage en coup-couture.
Protégeons les enfants de tout travail forcé et dangereux pour leur santé. Le droit à l’éducation est un droit fondamental au Burkina Faso, alors chers parents et tuteurs, envoyons les enfants à l’école afin qu’ils aient un avenir radieux.

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